Le Cœur et la Compétence – L’Entretien de ClaraLe Cœur et la Compétence - L'Entretien de Clara

Par Ivan RADKOV

Clara arrive devant les portes élégantes du Centre Gériatrique « L’Élan ». Elle respire profondément l’air frais du matin. Elle est vêtue d’une tenue professionnelle simple et élégante, mais ce qui compte le plus, c’est la détermination dans ses yeux. Clara sait que ce n’est pas seulement un entretien, c’est l’opportunité de prouver que sa passion pour l’accompagnement et le soin est son plus grand moteur. Elle monte au bureau de Valère, le Responsable des Ressources Humaines.

Valère l’accueille dans un bureau lumineux, offrant un café et un sourire encourageant. « Bonjour Clara, merci d’être venue. Installez-vous. Parlez-moi un peu de ce qui vous a amenée à postuler ici, spécifiquement à L’Élan. » Valère pose un stylo. Le ton est chaleureux mais professionnel. Clara sourit, immédiatement à l’aise. « Bonjour Monsieur Valère. Ce qui m’attire chez L’Élan, c’est votre réputation d’offrir une approche de soins holistique. Je cherche un environnement où la dignité et l’humain passent avant tout, et où la formation continue est valorisée. »

Valère hoche la tête, ses yeux lisant les notes de son dossier. « C’est un excellent point, Clara. Parlons technique et empathie. Nous avons souvent des résidents qui nécessitent des soins de confort spécifiques et qui peuvent être très exigeants, voire anxieux. Donnez-moi un exemple concret d’une fois où vous avez dû gérer une situation où un résident refusait catégoriquement un soin essentiel, comme l’aide à la toilette ou la prise de médicaments. »

Clara ne vacille pas. « Absolument. Il y a eu Monsieur Dubois. Il refusait sa toilette matinale par peur de l’eau suite à une chute. Au lieu d’insister, j’ai pris le temps de m’asseoir, de lui parler de sa jeunesse. J’ai compris que l’urgence n’était pas la propreté immédiate, mais le respect de son anxiété. J’ai adapté le soin, utilisant des lingettes chaudes très parfumées, et j’ai chanté une vieille chanson qu’il aimait. La patience, l’écoute active et la créativité sont toujours la clé pour rétablir la confiance et atteindre l’objectif de soin. »

Impressionné, Valère prend quelques notes. Il passe au travail d’équipe. « L’aide-soignant est le pilier central entre le résident et l’équipe soignante (infirmiers, kinés, médecins). Comment assurez-vous une communication fluide et efficace, surtout lorsque vous devez signaler une observation cruciale ou lorsque vous êtes en désaccord avec une approche de soins proposée par un autre professionnel ? »

« La communication doit être factuelle, concise et rapide, » répond Clara. « J’utilise systématiquement les outils de transmission numériques et oraux. Pour un désaccord professionnel, j’aborde toujours la situation dans un cadre privé et professionnel, en m’appuyant sur les faits et le protocole, en proposant une solution alternative pour améliorer la prise en charge. L’objectif est toujours le bien-être du résident, jamais le conflit personnel. Je m’assure que mes transmissions sont complètes et pertinentes, car elles conditionnent la sécurité du patient. »

Valère marque une pause. Il pose la question incontournable de la profession. « Le métier d’aide-soignant est exigeant, émotionnellement et physiquement. Quelles sont vos stratégies personnelles pour gérer le stress, prévenir l’épuisement professionnel et vous assurer que vous restez efficace et bienveillante jour après jour, même après des nuits difficiles ? »

« Je crois fermement à l’importance de l’auto-compassion et des limites claires, » dit Clara. « En fin de journée, je pratique de courtes méditations guidées et je fais du sport pour ‘débrancher’ physiquement l’esprit du travail. Mais surtout, je m’appuie sur la supervision professionnelle. Savoir que je peux parler de mes difficultés avec un pair ou un psychologue d’équipe, comme vous en proposez, est essentiel pour vider le sac émotionnel et ne pas laisser la charge affective affecter la qualité de mes soins. »

Valère met ses notes de côté, un air satisfait illuminant son visage. « Clara, vos réponses sont remarquablement complètes et témoignent d’une approche mature et centrée sur le patient. Avez-vous des questions pour moi ? C’est le moment de vous assurer que L’Élan correspond aussi à vos attentes professionnelles. » Clara se redresse, passant de candidate évaluée à professionnelle avertie. « Oui, bien sûr. Pourriez-vous me détailler les opportunités de formation continue proposées par L’Élan, notamment concernant les techniques de mobilisation douces (type manutention) et les soins palliatifs ? Et quelle est la politique d’encadrement des nouveaux arrivants ? »

Valère lui décrit les programmes de formation et le système de parrainage avec enthousiasme. L’entretien se termine sur une note très positive. « Clara, je suis confiant que vous seriez un atout majeur pour notre équipe. Je vous recontacterai rapidement, mais sachez que votre profil est exactement ce que nous recherchons : compétent, proactif et profondément humain. » Clara le remercie chaleureusement, le cœur rempli d’une satisfaction professionnelle rare. Elle sait qu’elle a réussi non seulement l’entretien, mais qu’elle a trouvé sa place dans un lieu où elle pourra véritablement exercer son métier avec tout son engagement.

Relire en écoutant ce livre ici

Laisser un commentaire